Lundi 7 avril 2008
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Christianisme: Cet été durant vos congès, visitez un des 16 musées Protestants de France ! -
Combien y a-t-il en France de Musées du Protestantisme ? On pense au mieux trois ou quatre. En fait, quatorze, plus un qui va bientôt ouvrir, le Temple de Lemé, et un virtuel :
www.museeprotestant.org. Donc, seize musées répartis en couronne autour de la France, puisque Paris n’en possède guère. Quelle est leur raison d’être, car on ne parle pas de musée du catholicisme
poitevin ou savoyard ? Si l’on se réfère à l’existence du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, situé dans le Marais à Paris, on peut penser qu’il s’agit d’un réflexe de minorité. Ainsi
trouve-t-on à Amsterdam « l’église dans le grenier », sorte de musée catholique d’un temps de répression. Mais la recherche de l’Art chez les protestants étant, en dehors de la musique, très
limitée, on a affaire essentiellement à des musées d’histoire, régionale ou spécifique.
Seul le Musée du Désert a vocation nationale. C’est le plus connu puisque, chaque année, le premier dimanche de septembre, s’y tient la grande assemblée qui réunit 12 à 20 000 protestants venus
de toute la France et des pays du Refuge. Ce musée, ouvert en 1911, occupe en partie la maison du chef camisard Roland, offrant là un parcours chronologique retraçant l’histoire de la France
protestante, de la Réforme à la Révolution. Une autre partie, le Mémorial, commémore la résistance et le Refuge. C’est là que se situe le célèbre Mur des Galériens. Les souffrances du peuple
huguenot sont un thème que l’on retrouve dans la plupart des musées. Sait-on qu’au Mémorial de l’Ile Sainte Marguerite, à côté du célèbre masque de fer, plusieurs pasteurs ont été enfermés au
secret et périrent ? La Grange de Wassy, elle, commémore un massacre perpétré en 1562 par les troupes du duc de Guise.
La Rochelle, capitale huguenote et puissante forteresse jusqu’à son siège, met davantage l’accent sur l’histoire protestante de la ville, jusqu’aux œuvres du XXe siècle. Voisins, les musées du
Poitou ou de la France de l’ouest mettent en valeur des caractères plus locaux, tout comme la maison du Luthier, dans le Haut-Languedoc.
Plusieurs de ces musées méritent une visite autant par la beauté de leur site que par leurs collections. On cite les chênes et les châtaigniers du Mas Soubeyran (Musée du Désert). Mais on
pourrait tout autant célébrer ceux qui entourent la maison natale de Pierre et Marie Durand (Musée du Vivarais protestant), austère maison forte du XVe siècle, avec ses dépendances agricoles –
son four à pain et les dalles où l’on battait le blé, l’orge ou le seigle. Pierre Durand, jeune pasteur revenu de Suisse pour restructurer l’Eglise du Vivarais, fut exécuté à trente-deux ans, en
1732. Sa sœur Marie resta trente-huit ans enfermée dans la Tour de Constance et aurait écrit le célèbre Résister sur la margelle du puits. Le musée – qui va bientôt ouvrir une bibliothèque pour
ses livres anciens - replace leur histoire dans la nuée des témoins. Autre maison forte, celle de Jeanne d’Albret, la plus ancienne d’Orthez. Tous les aspects de Protestantisme y sont évoqués :
culture des Académies et guerres de religion, persécutions et refuge, Réveil du XIXe siècle, Eglises libre et concordataire, rôle dans l’instruction publique (Pécaut, Steeg, P. Kergomard),
prestige scientifique de la famille Reclus, évangélisation missionnaire … etc… Et même un petit temple aménagé, avec le matériel pédagogique de l’époque ! Les murs sont encore plus vieux au musée
du protestantisme dauphinois, dans le village fortifié, du XIIe siècle, de Poët Laval, ancienne Commanderie des Hospitaliers de St Jean. Dans un site exceptionnel, l’antique maison commune qui
fut aussi temple, abrite collections permanentes et expositions temporaires. A l’inverse, de la maison originelle de Calvin à Noyon, il ne reste guère qu’un morceau de charpente calciné (guerre
de 14). Mais le nouveau bâtiment présente un vrai musée axé autant sur le réformateur que sur la Réformation. De la même manière, le musée Pierre Bayle, lui aussi installé dans sa maison natale,
présente le parcours intellectuel du philosophe considéré comme un apôtre de la tolérance civile, et son rayonnement dans l’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles. L’Alsace, elle, offre des salles au
Musée alsacien de Strasbourg, et deux maisons consacrées à des personnages exceptionnels, Oberlin et Schweitzer, mais centrées sur leur seule œuvre.
Ces musées n’ont rien de poussiéreux ! Non seulement les collections sont constamment revues, mais des guides sont formés pour accompagner les visiteurs et surtout la plupart ont une animation
chaque été, des concerts comme chez Schweitzer, des assemblées annuelles au Bouschet de Pranles, à la Grange de Wassy, comme au Musée du Désert. Des « parcours huguenots sont organisés. Des
vidéos sont présentées. Des jeux pour les enfants. Avec la brochure du CPED en main, allez, chers Amis, à la découverte de la France protestante !
Gabrielle Cadier-Rey
Encadré : Un Pasteur des Lumières
« Qu’est-ce qu’un poêle à tricoter » ? C’est une pièce, avec un grand poêle de faïence, car dès l’automne il fait froid dans les Vosges, où une « conductrice de la tendre enfance » réunit les
petits enfants dont les parents travaillent, pour leur apprendre à tricoter certes, mais aussi à chanter, et qui leur raconte des histoires - en somme une école maternelle avant la lettre !
C’est de là que part le pasteur Jean Frédéric Oberlin pour alphabétiser et instruire les cinq villages dont il a la charge de 1767 à 1826, tout en s’occupant aussi de leur développement
économique (agriculture, tissage). Le matériel pédagogique qu’il a créé, à la fois pour les enfants (herbier, puzzles, découpages) et pour réconcilier des paroissiens fâchés, est exceptionnel par
son inventivité. Ce pasteur, ami de l’abbé Grégoire, a vu son œuvre citée comme modèle à l’Assemblée Constituante.
Musée Oberlin à 67130 Waldersbach.
Les Musées du Protestantisme en France
Brochure de 40 pages, éditée par le CPED, 47 rue de Clichy, 75009 PARIS , 01 42 80 06 25
7 euros
On y trouve toutes les indications concernant les visites, itinéraires, adresses, jours et horaires, ainsi que les sites internet. Photos en couleurs. Bibliographie.
Présentation de Bernard Cottret, historique de Sylvie Cadier. Une réflexion de Jean Loignon sur la nature et l’avenir des « Musées protestants ».
(Mission/ DEFAP) ajouté le 20-7-2005
Source:archives voxdei 2005