La Mer Morte : une merveille de la Nature ?
Par Raphaëlle Elkrief pour Guysen International News
Jeudi 30 juillet 2009 à 23:04
Au mois de Juillet dernier une ONG Suisse, ’’New7Wonder’’, a lancé une campagne afin de désigner les sept ’’merveilles de la nature’’ dont les résultats seront publiés au cours de l’année 2011.
Des milliards de votes sont attendus par les organisateurs, dont l’objectif est de renforcer l’attrait des grands sites touristiques mondiaux.
Choisis par un groupe d’experts parmi 261 sites répartis sur 22 pays, les 28 finalistes viennent d’être annoncés. Parmi eux, la Mer Morte, en lice contre le Grand Canyon, le Kilimandjaro ou
encore les îles Galápagos.
Située à 420 mètres au dessous du niveau de la mer, la Mer Morte, que l’on appelle en hébreu ’’la Mer de Sel’’, est le point le plus bas du globe. Lac dont la salinité est de 30%, les eaux
de la Mer Morte sont jusqu’à neuf fois plus salées que l’océan. Aucune espèce vivante, ni poisson ni algue, ne peut subsister dans de telles conditions, ce qui lui vaut d’ailleurs son nom, ’’Mer
Morte’’. Avec une densité très forte, elle permet de flotter naturellement, ce qui en a fait une attraction touristique incontournable, en Israël ou en Jordanie.
Mais la politique a bien failli encore une fois évincer les questions environnementales. En effet, le conflit israélo-palestinien s’est invité au milieu de la campagne… Le règlement du concours
stipule en effet que si un site est présent sur plusieurs pays, il faut la création d’un comité de soutien officiel réunissant les responsables des pays concernés.
Or les rives de la Mer Morte sont à la fois à israéliennes, jordaniennes et palestiniennes, selon le tracé des frontières d’avant 1967. Alors que jordaniens et israéliens avaient complété les
formulaires de la participation de la Mer Morte au concours, l’Autorité palestinienne s’y est opposée. ’’Nous ne formerons pas de comité parce que le comité israélien a consulté des représentants
des personnes habitants dans les implantations et ceci est contre le droit international’’, expliquait la ministre du Tourisme palestinien.
"De plus, nous ne sommes pas intéressés par cette question" a-t-elle ajouté. Le 1er juillet 2009, après des semaines de discussions, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a
donné son accord pour la participation de la Mer Morte.
Le slogan "Si nous voulons sauver la planète, apprenons à mieux l’apprécier" révèle les véritables ambitions de ce concours : mieux faire connaitre les merveilles de la nature dans le but de
les préserver.
Une aubaine pour la Mer Morte, qui pour des raisons politiques à failli manquer l’opportunité de revenir au centre des interrogations écologiques et géostratégiques. En effet, la Mer perd
régulièrement en superficie et une bande craquelée en son centre la sépare en deux bassins distincts. La surexploitation du fleuve du Jourdain et l’évaporation par les usines de production de sel
sont les causes principales du ’’recul’’ de la Mer Morte.
La régression du lac, aggravée par une pluviométrie toujours plus faible, constitue un risque écologique, mais aussi géostratégique et économique.
La maîtrise de l’eau est en effet un enjeu majeur dans une région qui en est extrêmement pauvre.
Une solution a été avancée, le ’’canal de la paix’’, projet dont l’ambition est d’acheminer l’eau depuis la Mer Rouge, par un canal la reliant à la Mer Morte. Déjà proposée par Herzl en 1902
(dans son plan, l’eau devait provenir de la mer Méditerranée), elle avait été remise au goût du jour lors des Accords d’Oslo en 1993 : pomper l’eau de la Mer Rouge en la faisant transiter par la
montagne d’Akaba, puis par un canal en Jordanie. Grâce à la différence de niveau, l’électricité produite pourrait alimenter une station de désalinisation, et apporter de l’eau douce à une région
en constant « stress hydraulique ».
Les écologistes n’entendent pas se laisser amadouer par la beauté du geste, ou sa portée symbolique. Pour eux, un tel projet risquerait d’entrainer une perturbation de l’écosystème, et
comporterait même des risques dans une région sismiquement active.
Véritable projet de coopération et de partenariat entre différentes entités de la région, avec un coût de trois à quatre milliards de dollars, le ’’canal de la Paix’’ a été approuvé par la Banque
Mondiale le 27 juin dernier. L'objectif est bien de sauver une des merveilles de la nature...
Faites de la Mer Morte une des 7 merveilles de la Nature en votant sur le site :
www.new7wonders.com